Selon une nouvelle étude du WWF rendue publique ce matin, l’économie verte offre des opportunités de travail à plus de 3 millions de personnes en Europe.
Le rapport Green jobs for Europe montre qu’en ce moment, au moins 3,4 millions d’emplois en Europe ont un lien direct avec l’énergie renouvelable, le transport durable et l’efficacité énergétique. C‘est donc plus que les 2,8 millions d’emplois actuels proposés dans les industries polluantes telles que les activités minières, l’électricité, le gaz, le ciment, le métal et l’acier. A l’avenir, l’emploi dans l’économie verte, l’économie avec un faible taux d’émissions de CO2, continuera de croître tandis que l’emploi dans les différents secteurs industriels polluants ira en diminuant. Il est donc essentiel que l’Europe, et aussi la Belgique, sautent dans le train de l’économie verte. Si ce n’est pas le cas, elles devront faire face, dans le futur, à des coûts élevés tant pour l’économie que pour l’environnement.
Les chiffres disponibles montrent que près de 400 000 personnes en Europe travaillent dans le secteur de l’énergie renouvelable, environ 2,1 millions dans le transport « vert », et plus de 900 000 emplois dans les biens et services visant à améliorer l’efficacité énergétique. Cela concerne, par exemple, la production, l’installation et l’entretien de turbines à vent et de panneaux solaires ou encore l’amélioration de l’efficacité des bâtiments existants. Le nombre d’emplois supplémentaires indirectement lié à ces domaines d’activités avoisine les 5 millions. Chacun de ces secteurs affiche une croissance significative, principalement l’énergie éolienne, l’énergie solaire, la bioénergie, les transports en commun et la construction. Les précurseurs en Europe sont l’Allemagne, l’Espagne et le Danemark pour l’énergie éolienne, et l’Allemagne et l’Espagne pour l’énergie solaire.
Dans une économie de la connaissance comme en Belgique, les opportunités d’emplois verts restent à saisir. Moins de CO2, plus d’emplois et plus d’innovation : nous avons tout à gagner. Pensons au potentiel pour les transports en commun dans notre pays et à une meilleure isolation de nos bâtiments. Comparés aux autres pays européens, nos bâtiments sont ceux qui perdent le plus de chaleur !
Les décideurs et les industriels belges doivent abandonner l’idée qu’une politique climatique ambitieuse ne comporte que des désavantages. Avec ce rapport, le WWF montre, en effet, que réduire de manière conséquente les émissions de CO2 comporte bien plus d’avantages que ne génère de coûts. Pour rendre cela concret, la Belgique doit adopter des plans de relance qui s’appuient plus particulièrement sur des opportunités d’emplois verts.
L’Europe doit s’engager à réduire ses émissions internes d’au moins 30% d’ici 2020 et, ensemble avec la Belgique, viser la conclusion d’un traité ambitieux pour faire suite au Protocole de Kyoto, à Copenhague, en décembre prochain.
