publié par Lionel Delvaux
2 juin 2008

Dans l’Atelier Energie - Climat, le groupe de travail "Valorisation de la biomasse" fut l’objet, pour sa troisième journée, d’un nouveau débat sur les enjeux liés au développement des agrocarburants et leur implication sur les politiques d’utilisation de la biomasse. Un débat impossible tellement certains "intérêts organisés" sont étroitement liés au développement des usines d’agrocarburants.

Pourtant, la journée avait commencé sous de bons auspices : les médias flamands répercutaient en effet ce matin l’appel du nouveau rapporteur des Nations-Unies au Droit à l’alimentation - le Belge Olivier De Schutter - suite à la crise alimentaire mondiale. Il demandait purement et simplement l’arrêt de tout investissement dans les agrocarburants, pointant du doigt, outre leurs effets sur les prix induit par la spéculation, les politiques de l’Union européenne fixant des objectifs chiffrés contraignants. Et ce fut précisément sur ce point des objectifs contraignants que le groupe de travail s’enlisa une fois de plus.

Les "intérêts organisés" défendant les agrocarburants n’ont pas de marge de manoeuvre face à l’évidence des faits car ce sont eux qui ont développés en Belgique la plupart des projets de production d’agrocarburants (BioWanze par exemple). La "proactivité" des Régions et de ces "intérêts organisés" serait frappée de plein de fouet par la remise en cause des objectifs contraignants dans le contexte actuel de flambée des prix agricoles. Nos politiques peuvent-ils risquer le naufrage de BioWanze, qui nous a couté une fortune ?

Non, le débat sur l’utilisation optimale de la biomasse ne peut avoir lieu sereinement...

Par ailleurs, l’instauration d’un objectif contraignant de production d’agrocarburants limite les possibilités d’utiliser la biomasse à d’autres fins, comme par exemple la cogénération dont le rendement est pourtant très supérieur. Comment pourrait-on envisager une stratégie d’utilisation de la biomasse si, avant de commencer, la majorité de celle-ci devra être affectée à l’une de ses utilisations la moins efficiente et la plus coûteuse ?

Malgré l’implication très constructive de notre président de séance, la recherche du consensus a montré ses limites et seules quelques mesures sans véritables enjeux pourront émerger de ce processus. Un Printemps auquel on risque d’associer le temps des grandes lessives vertes...