publié par Pauline de Wouters
27 mai 2008

Le changement climatique est incontestable. Différents paramètres (température atmosphérique, niveau moyen des océans, réduction de la couverture de neige en sont quelques exemples) l’attestent. Et, comme nous l’a rappelé le Professeur Jean-Pascal van Ypersele dans son introduction, ce changement est principalement, à hauteur de 90%, dû aux activités humaines.

van Ypersele n’a en outre pas manqué de mettre en évidence le fossé séparant Nord & Sud sur le question énergétique, ce tant au niveau de l’accessibilité à cette matière première essentielle qu’à celui de la responsabilité historique des pays industrialisés dans l’usage irrationnel de celle-ci.

Pour faire face à l’urgence climatique et répondre à l’exigence de réduction des émissions de CO2 et autres gaz à effet de serre de 85% à l’horizon 2050 (par rapport à 1990), une profonde révolution s’impose. Et si la technologie a un rôle important à jouer, elle ne pourra pas seule inverser la tendance. Il faudra parallèlement remettre en cause la manière dont sont actuellement organisés nos modes de consommation et de production.

Mesurettes et mesures ambitieuses sur la table

A la suite de l’exposé du Professeur van Ypersele, deux représentants du SPF Economie ont pris la parole et présenté les différents groupes de mesures, en restituant, le cas échéant, le contexte.

Six groupes de mesures sont donc sur la table :
- développement de l’éolien offshore ;
- examen et harmonisation des régimes de certificats verts ;
- outils de soutien et incitants ;
- système de tiers investisseur ;
- valorisation de la biomasse ;
- vision « post 2012 » ;
- rôle d’exemple des pouvoirs publics et autres parties prenantes.

Des ambitions ? La principale semble être, comme l’a rappelé le Ministre Magnette, le recours à la fiscalité verte pour inciter les acteurs à adopter des modes de production et/ou de consommation responsables.

Les ONG environnementales se réjouissent évidemment de voir cet outil « fiscalité verte » mis en débat et espèrent que, consensus entre les parties prenantes ou non, le gouvernement aura l’ambition et le courage d’opérer une véritable réforme environnementale de la fiscalité belge. Les pays nordiques constituent de ce point de vue un exemple dont il conviendrait de s’inspirer, recourant depuis le début des années 90 à l’outil fiscal afin de réduire la pression sur l’environnement et les ressources naturelles.

Différents acteurs, des intérêts et priorités divergents

Pour clore cette première séance plénière, les différents représentants de la société civile, parties prenantes au processus, ont tour à tour fait état de leur(s) point(s) de vue et priorités.

En résumé :
- un angle d’approche sociétal assurant emploi de qualité et solidarité, du côté des syndicats ;
- pour les entreprises, l’opportunité (à saisir) de nouveaux marchés et modes de production tout en tenant compte de leur faisabilité technique de mise en œuvre ainsi que de leurs impacts économiques et sociaux. Les représentants des entreprises insistent par ailleurs pour que celles-ci ne doivent plus (sup)porter seules la responsabilité des changements (en clair, citoyens et pouvoirs publics doivent mettre, eux aussi, la main à la pâte).

Pour les ONG de protection de l’environnement, un niveau d’ambition tirant davantage vers le haut que vers le bas, et ne s’attachant pas à la seule vision de court terme est évidemment de mise. Plus concrètement, nous insistons pour que les réductions d’émissions de CO2 et autres gaz à effet de serre soient effectives en Belgique et que l’on ne recourt donc pas d’emblée et systématiquement aux mécanismes de flexibilité définis par le Protocole de Kyoto. Last but not least, nous (ré)insistons sur le nécessaire recours à l’outil fiscal (en l’occurrence ciblé sur les comportements néfastes à l’environnement) pour faire face efficacement à l’urgence climatique.