Mobistar "recycle" pour SON bien...
15 janvier 2013

Cette semaine, c’est Mobistar et son "action de recyclage exceptionnelle" qui va passer à la casserole...

Pourquoi ? M’objecterez-vous : le recyclage, c’est une bonne chose, non ? Certes. Mais ici il s’agit de recycler des GSM qui fonctionnent encore et que l’on vous invite à abandonner pour le remplacer par un neuf. Ce faisant, nos "amis" de Mobistar se font passer pour des gens soucieux de l’environnement (ben oui, recycler, c’est bien !) tout en vous invitant à devenir des partisans d’une forme particulière d’obsolescence programmée : votre gsm dure longtemps (et donc est tout de même un peu solide) ? Pas de souci, vous pouvez tout de même changer (ben oui sinon vous êtes ringard), on s’occupe de votre vieux machin.

Bref, sous couvert d’une action de recyclage, on vous incite à consommer, consommer, consommer...

Un peu léger comme argument pour parler de greenwashing ? Soit. Mais n’oublions tout de même pas que :

1) si on vous invite à changer souvent, la production doit suivre. Et qui dit GSM dit, entre autre, Coltan dont on vous a déjà décrit les impacts humains et environnementaux de l’extraction (voir : De la mine au GSM, les six étapes édifiantes du Coltan).

2) Il est difficile de savoir exactement ce qui est fait desdits vieux GSM, mais une brève recherche sur internet vous indique qu’une partie va sur le marché de l’occasion en Europe et le reste (la majorité) part en Afrique. Ce qui permet de rendre accro à cette technologie-gadget une part "nettement moins aisée" de la population mondiale tout en augmentant de manière conséquente le nombre des abonnés. Car il est vrai que ce n’est pas la vente de l’appareil qui rapporte le plus, mais son utilisation (et tout le réseau de services qui l’accompagne). Il ne s’agit donc pas d’une vraie action de recyclage, mais, comme c’est le cas avec nos vieilles bagnoles trop polluantes, d’exportation de pollution. Quand l’appareil tombera vraiment en panne en Afrique, il finira, avec tous ces produits nocifs, dans une décharge illégale ou sur un terrain vague. Au mieux sera-t-il décortiqué sans la moindre protection par la population (souvent enfantine) locale pour revendre (souvent au marché noir) des composants "précieux".

Et, en passant, les Africains deviennent eux-même "complices" de l’exploitation humaine à l’encontre de leurs propres peuples et des dégâts environnementaux que subit leur continent. Voilà qui déforce de manière efficace toute forme de potentielle contestation !!

Ah oui : les 5 critères sont d’application ici.