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Sécurité d’approvisionnement : adapter l’éclairage des bâtiments
la fédération  •  23 janvier 2013  •  Electricité

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Les économies d’énergie sont les grandes absentes du débat sur la sécurité d’approvisionnement et les éventuels black outs et ce, au grand dam du milieu environnemental. Le Bond Beter Leefmilieu (BBL), Inter-Environnement Wallonie, Greenpeace et le WWF ont ainsi commandé une étude consacrée à la réduction des pics de demande. L’étude démontre l’apport appréciable d’un secteur comme celui de l’éclairage.

L’étude réalisée par le bureau conseil 3E pour le compte du mouvement environnemental belge démontre qu’il est possible d’assurer la sécurité d’approvisionnement énergétique de la Belgique en adoptant quelques mesures bien choisies.

Moins 1.116 Mégawatt

Un minimum de trois mesures bien choisies permettrait d’atteindre l’objectif poursuivi. Les pics de demande pourraient être réduits de 1.116 Mégawatt via :

  • le remplacement partiel des appareils de chauffage électrique pour les ménages ;
  • l’utilisation d’éclairage performant pour les bâtiments du secteur tertiaire ;
  • le recours à des pompes et des moteurs plus efficaces pour le secteur industriel.

« L’adoption d’un éclairage plus performant dans les bâtiments dans le secteur tertiaire est une de ces mesures toutes simples qui permettent de réduire les pics de demande et donc de nous assurer une sécurité d’approvisionnement même pendant les journées hivernales les plus froides, précise Marie Cors, directrice politique d’Inter Environnement Wallonie. Ce qui n’est pas sans impact sur nos factures et présente un avantage certain pour l’environnement... »

La réduction escomptée équivaut à la puissance des deux réacteurs nucléaires de Doel-1 et Doel-2 (Anvers). Si l’on se base sur les prévisions établies pour la Belgique par le réseau européen des gestionnaires des réseaux haute tension ENTSO-E (à savoir 3000 MW), il s’agit d’un tiers de la capacité nécessaire pour éviter que notre pays devienne dépendant des importations en cas d’hiver rigoureux.

Outre la diminution des pics de demande, ces mesures permettraient aussi l’économie de 5% de la demande d’électricité annuelle en Belgique, soit 4 milliards de kWh.

Nié par le politique

Ces pistes sont étonnamment laissées de côté par nos décideurs politiques. « C’est à n’y rien comprendre, s’exclame Jan Vandermosten de WWF. Les économies d’énergie contribuent également à réduire la facture énergétique. Chaque euro investi dans des économies d’énergie rapporte à son tour 1,50€. Tous les ans, 574 millions d’euros pourraient ainsi être récupérés. »

La Belgique a besoin de décideurs politiques capables de définir une vision où les économies d’énergie jouent un rôle. « Comment les ministres de l’Energie n’ont-ils pas encore mieux exploité ce filon ?, s’étonne Jan Vande Putte de Greenpeace. En juillet dernier, le gouvernement Di Rupo I a dévoilé avec fierté le plan d’équipement qui devrait permettre à la Belgique de sortir progressivement du nucléaire sans que la lumière ne s’éteigne... Étonnamment, il n’y était pas question d’économiser l’énergie. »

L’étude 3E, qui porte sur trois mesures spécifiques, met en évidence une partie du potentiel d’économie d’énergie accessible à la Belgique. Une étude plus large portant quant à elle sur 6 mesures et réalisée en 2006 par le bureau E-STER mettait déjà en évidence le fait que 9,5 milliards de kWh pouvaient être épargnés chaque année, soit le double de l’étude 3E.

Prendre le problème énergétique belge au sérieux, revient à cesser de se passer la patate chaude d’un niveau de pouvoir à l’autre. Il est réaliste d’envisager d’épargner 5 % de notre énergie ces trois prochaines années en appliquant à l’ensemble des secteurs un plan d’économie d’énergie. Les pics de demande pourraient ainsi être réduits d’au moins 1.116 MW.

« Ce qui nous laisse dans une situation confortable pour sortir du nucléaire », conclut Jan Vande Putte de Greenpeace.

Plus d’info :

Jan Vande Putte, responsable Energie, Greenpeace, 0496/161.584
Jan Vandermosten, Policy Officer, WWF, 0472 83 25 18
Marie Cors, Directrice politique IEW, 081.390.783 - 0477.495.434

Les résultats de l’étude sont disponibles en ligne sur http://www.greenpeace.org/belgium/fr/




 
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